RelaisXtreme – Completé

Le weekend dernier se déroulais une course à relais de 287 kilomètres, et j’en faisait parti avec cinq autre gars. Un défi différent de ce que je suis habitué de vivre. J’appréhendais quelque peu les six sorties entre 5 et 13 kilomètres chacune sur une période de moins de 24 heures, et cela avec pas ou peu de sommeil.

Une fin de semaine entre gars, six au total dans l’équipe mais cinq en permanence dans la Caravan. Vingt-quatre heures à cinq gars qui sue, et en plus avec toute la pluie qui tombe vous pouvez vous imaginer l’état ainsi que l’odeur de la dite Caravan au fur et à mesure que le weekend avançait …

Cela étant dit, retour au samedi matin. Les boys passent me prendre sur la route en direction de Sainte-Anne-de-Beaupré et je rencontre Tony qui est le sixième membre de l’équipe pour le relais. Rapidement on s’aperçoit que ça va être un weekend rempli de plaisir mais où l’on va devoir laisser notre égo de côté car les couteaux volent bas et arrive de tous les côtés!

À notre arrivé au site de départ de la course une des premières blagues du weekend mais de loin une des meilleurs nous arrive, et de la part d’un autre concurrent. Il regarde Tony et lui dit « Tu es le chauffeur toi? » On a tellement rit, j’imagine que le gars trouvait que Tony n’avais pas le look coureur encore hehe!

Petite réunion d’avant course avec les organisateurs et les trois autres équipes qui partent en même temps que nous. Les organisateurs nous rappellent les consignes de sécurité à suivre lors du relais et on en profite pour discuter un peu avec les autres concurrents. Malgré une course qui va durer pendant plus ou moins vingt-quatre heures nous n’allons pas revoir la plupart des concurrents avant la fin probablement.

En me préparant pour mon premier relais je m’aperçois que tel un grand champion j’ai oublié ma montre à la maison. Partir pour une course sur 24 heures et je n’ai même pas ma montre GPS. Je texte alors ma blonde et lui demande si elle pourrait venir me la porter quand nous serons plus proche de la maison de manière à ce que je l’ai pour mes prochains relais. Pour le premier relais j’emprunte celle d’Alex.

J’avais la chance de débuter le relais pour notre équipe, un beau relais d’un peu moins que six kilomètres. On s’aligne au départ et je vois que la fille qui court le relais pour une des autres équipes est la fille qui a gagné le dix kilomètres de l’université Laval le weekend dernier. À ce moment-là je savais très bien que le premier relais allait faire mal aux jambes!

On décolle et je ne suis pas vraiment certain de la vitesse à laquelle courir, je sais que j’ai six relais à faire au cours des 24 prochaines heures, mais je ne veux pas terminer dernier de mon relais alors je m’accroche aux autres. Après 500 mètres je regarde ma montre et on court à 3 :40/km, je regarde alors le gars à côté de moi et lui dit « On court à 3 :40/km et on est en train de perdre la fille de l’autre équipe, ça va être un long weekend! » Il rit sans trop me répondre, il semble un peu à bout de souffle pour être honnête. Le gars qui est en deuxième place est juste devant moi, je dirais 50 pieds, et il reste à cette distance là pendant un bon kilomètre. Je me dis alors que je me dois de le rattraper, je pousse donc un peu plus ce qui me permet de revenir à sa hauteur. Il est un peu surpris on dirait bien, je crois qu’il ne pensait pas que j’allais revenir.

On termine le premier relais ensemble, une allure de course un peu exagérée pour débuter un relais mais je me devais de pousser pour ne pas partir sur une mauvaise note 😉

Par la suite c’est au tour de Jeff, Maurice, Alex, Tony et Dominic de compléter leur relais. Ma blonde vient nous rejoindre à la fin du relais d’Alex pour m’apporter ma montre, ainsi que des assiettes et des ustensiles que nous avions oublié. On fait l’échange du bracelet entre Alex et Tony et par la suite on repart en direction du prochain relais, opération que nous allons devoir réaliser 35 fois au cours du weekend.

Mon prochain relais est le tour du lac Beauport, un parcours que je connais très bien mais que je vais devoir faire en sens contraire à mon habitude. De plus, pour améliorer le tout ils ont décidé de nous faire monter jusqu’au mont Tourbillon à la fin du tour du lac. Ce qui n’a rien pour aider au niveau de la facilité pour être honnête!

En attendant Dominic les gars ont décidé de s’assoir sur un divan qui était en route pour le cimetière à divan 😉

J’attends Dominic au club nautique du lac Beauport, aussitôt qu’il arrive je prends le bracelet et je n’ai qu’une seule idée en tête. Rattraper le gars qui est devant moi et que j’ai vu partir comme une balle 2-3 minutes avant l’arrivée de Dom.

Je quitte donc le club nautique assez rapidement, tout en essayant de me garder des forces pour la fin du parcours que je sais très difficile. Les quatre premiers kilomètres seront très rapide, à mon arrivé au bas de la côte de l’église j’ai le gars de l’équipe qui était parti avant nous bien en vue et je me doute bien que je vais le doubler dans la côte ou juste après. Ma fille et son copain Ben me suivent tout le tour du lac et m’encourage. Bien sûr Isabelle a vu que je me rapproche du gars et elle m’encourage à aller le dépasser.

Rendu en haut de la côte je le dépasse, mais poliment en lui envoyant la main tout de même 😉 Par la suite c’est le temps de pousser pour profiter de la descente avant d’entamer la partie la plus difficile de se relais, c’est-à-dire la montée vers le mont Tourbillon. On tourne à gauche et c’est le dernier kilomètre de souffrance qui débute. C’est drôle comment j’ai l’impression de pousser beaucoup plus fort, mais que je cours une minute moins vite au kilomètre. J’arrive finalement en haut, et je dois avouer que je suis réellement content de voir les boys et surtout de donner le bracelet à Jeff!

Deux relais de fait, et les deux à une vitesse plus rapide que ce que j’avais estimé faire pour le weekend, à ce moment-là je me demandais si j’ai exagéré et si les jambes vont tenir le coup jusqu’au dimanche matin ou si je vais finir par casser et devoir ralentir mon allure.

Je me couche par terre dans la van, et j’essaie de reprendre des forces en préparation du prochain relais. On va porter Maurice à prochain relais car sa blonde est venue nous encourager, par la suite Alex, Dom et moi on retourne encourager Jeff. Il pleut tellement à ce moment-là c’est fou. Je dois dire qu’il a plu à presque tous les relais de Jeff pour être honnête!

Tout se passe tellement vite, on vient de quitter le mont Sainte-Anne il me semble mais on a tout de même déjà neuf relais de terminé. On est rendu au lac Saint-Charles et Alex se prépare à prendre le relais de Mau afin de se taper la grande ligne jusqu’au lac Delage. Le stationnement du dépanneur est plein à craquer de véhicule d’équipe en attente de leur coureur. À ce moment-là on est réellement dans la partie du parcours ou on va rencontrer le plus d’équipe. On rattrape les équipes qui sont parties avant nous de plus en plus, ça va durer jusqu’au début de la nuit je dirais.

Mon prochain relais débute à l’église de Tewkesbury, une place que je connais bien aussi pour y aller régulièrement en vélo. J’ai la chance d’avoir la partie qui est un peu plus facile, c’est-à-dire le coté qui redescend vers Val-Cartier. À ce moment-là il commence à faire noir et je décide de mettre la lampe frontale. De plus j’ai la veste réfléchissante qui est illuminée et quelques lumières Visibl afin de m’assurer d’être le plus visible possible. Cette partie de la route ne possède que très peu de place pour courir et en plus les véhicules roulent très rapidement.

J’ai un peu plus de huit kilomètres à parcourir cette fois-ci et ils sont principalement dans le noir. Rendu là les gars en profitent pour rouler aux prochains points de relais et essaient de se reposer quelques peu avant de courir leur parti. Je sais donc que je vais courir mon relais dans le noir est seul. J’essaie de ne pas trop le courir vite, mais je profite tout de même des quelques côtes qui descendent quand j’en ai la chance pour compenser pour les montés.

Je sais très bien que je dois tourner rendu au pont pour aller rejoindre le prochain relais, alors en m’approchant de l’intersection je profite du fait qu’il n’y a aucun véhicule pour traverser la rue. Rendu de l’autre côté je me fais doubler par deux véhicules d’équipes qui m’encouragent en passant. Je vois les deux véhicules qui passent tout droit à l’intersection ou je sais que je dois tourner. Je me mets alors à douter si je dois tourner ou non. Je retourne alors de l’autre côté de la rue pour aller voir le signe qui indique si je dois tourner ou non. J’avais raison et eux non, je retraverse alors la rue pour une troisième fois et j’aperçois des lumières rouge qui flash devant moi. Je sais alors que je suis en train de rattraper du monde, je pousse alors un peu l’allure afin d’essayer de les rattraper, mais sans succès. J’arrive au relais, je me dis alors que c’est Jeff qui va avoir la chance de les rattraper.

Mon prochain relais aura lieu entre Shannon et Sainte-Catherine de Jacques-Cartier, il est 9h46 quand je débute et je commence à ressentir la fatigue à ce moment-là. Je n’ai pas encore réussis à dormir vraiment et ça parait. En plus j’ai mon plus long relais à courir à ce moment-là. Il fait de très noir et je n’ai pas la même lampe frontale qu’à mon dernier relais. Elle n’éclaire pas très bien et aussitôt que j’arrive dans des parties du parcours ou il n’y a pas de lumière je ne vois absolument rien. Je cours donc en plein milieu de la rue sur la ligne car c’est la seule chose que j’arrive à voir.

Après environ un peu plus de 11 kilomètres de courus j’aperçois une lumière rouge qui flash sur le côté de la route à environ 3-400 mètres devant moi. Je me dis qu’un quelqu’un est arrêté pour faire une pause pipi, ou alors il a une blessure. Plus je m’approche de lui et plus je vois qu’il ne bouge pas. Rendu à environ 10-15 mètres de lui je lui cris « Es-tu correct, besoin d’aide? » Pour finalement m’apercevoir que c’est la pancarte qui indique un kilomètre à faire au relais. Il faisait vraiment noir à ma défense 😉

J’arrive à mon relais et Jeff est là à m’attendre sous la pluie avec son parapluie. On échange le bracelet et je regarde mon dernier relais. Ça parait que la fatigue commence à embarquer car c’est mon relais le plus lent jusqu’à maintenant. Pourtant ce n’était pas mon plus difficile et j’aurais dû le courir un peu plus vite. Mais j’imagine que la noirceur, la fatigue et la distance ont eu raison de moi sur celui-là!

Les boys dorment tous, Mau est couché sur la galerie de la quincaillerie et les autres dorment dans la van. Je me change alors pour être au sec et on se prépare pour se diriger vers le prochain relais. Les deux prochains relais représentent le tour du lac St-Joseph, un parcours assez côteux et les gars font une super job. On a vraiment une super équipe et ça va très bien jusqu’à présent. Rendus au point d’échange à la fin du lac St-Joseph je sais que je dois absolument dormir, je me dirige alors sous le toit qui sert d’abris aux boites postales du coin et je me couche sur le plancher de ciment pour essayer de trouver un peu de sommeil pour m’aider à passer la nuit.

Je ne peux pas dire combien de temps j’ai dormis mais j’ai surement dormis car je me sentais beaucoup plus en forme par la suite. Rendus là nous sommes en pleine nuit, et il fait vraiment noir. On débarque le prochain coureur et on fait notre possible pour dormir tout en essayant de lui indiquer les placent ou il doit tourner quand c’est moins évident. Par contre on désire tous essayer de trouver un peu de sommeil, ce qui complique les choses un peu.

Mon prochain relais en est un assez court, moins de 5 kilomètres. Je dois avouer que ça ne me dérange pas trop. Un petit segment rapide en pleine nuit, rendu-là il est 2h40 du matin et je vous mentirais de dire que j’ai le goût d’échanger avec les autres boys qui ont des relais de plus de 11 kilomètres. J’attends Dominic qui a lui aussi la chance d’avoir un relais assez court avec un 4 kilomètres. Je prends mon relais et je suis surpris de voir que j’ai tout de même encore pas mal de jambes pour mon cinquième relais. Je cours donc un autre relais plus rapide que ce à quoi je m’attendais.

Ça va bien, cinq relais de complétés, et en plus le soleil commence à vouloir sortir ce qui veut dire que je n’aurais plus besoin ni de la lampe frontale, ni de la veste. Une dernière sortie ou je vais pouvoir courir avec presque rien sur le dos et profitez de la joie que la course nous apporte. Dans des moments comme ceux-là je réalise à quel point je suis chanceux de pouvoir courir et de pouvoir profiter de la vie comme ça!

Pour ma dernière sortie j’attends Dominic au Compagnons de Cartier, je dois courir de là-bas jusqu’au bas de la côte du Verger proche de la piste cyclable sur Champlain. Par la suite mon weekend de course sera terminé, je me dis enfin mais je me dis aussi déjà!

En commençant à courir j’ai l’impression que je vais casser en deux. La plupart de mes articulations ne fonctionne plus. Même si je veux pousser il n’y a rien à faire ça n’avance plus. Mais je me force à continuer, même si c’est un peu moins plaisant!

Et puis, petit à petit on dirait que les articulations se réchauffent, et que les tendons font moins mal. Je continue à pousser, après tout je n’ai qu’environ 7.5 kilomètres à courir! J’arrive finalement à la côte du Verger, je sais que les bots sont en bas et que je n’ai qu’à me laisser descendre. Mais ce qu’elle est abrupte cette foutu côte! Les quadriceps me font mal, mais il ne me reste que quelques centaines de mètres à parcourir alors pas question de m’arrêter la!

Ça y est, c’est terminé pour moi, il ne reste qu’un seul relais à chaque gars et on y sera.

On termine finalement notre relais dans un temps de 22h48 pour un total de plus de 287km, quelques-uns de nos gars on rallonger leur relais par erreur 😉

Relais 1 : 5.71 kilomètres en 22:05 pour une vitesse de 3:52/km
Relais 2 : 7.46 kilomètres en 33:42 pour une vitesse de 4:31/km
Relais 3 : 8.26 kilomètres en 37:28 pour une vitesse de 4:32/km
Relais 4 : 12.57 kilomètres en 59:49 pour une vitesse de 4:46/km
Relais 5 : 4.65 kilomètres en 20:22 pour une vitesse de 4:23/km
Relais 6 : 7.02 kilomètres en 31:48 pour une vitesse de 4:32/km

Ça me donne un total de 45.73 kilomètres dans un temps de 3 heures 25 minutes 14 secondes. Pour une allure de course de 4:29/kilomètre.

Félicitation à toutes les équipes qui ont participées!

Un gros merci à la Boutique du Lac! Un gros merci à l’organisation de nous permettre de faire une superbe course dans notre cour arrière. Un gros merci à ma conjointe, ainsi qu’aux conjointes de tous les gars de l’équipe pour nous laisser partir pendant un weekend pour faire nos folies!

Et finalement un gros merci à Alexandre, Antoine, Dominic, Jean-Francois et Maurice pour 24 heures de plaisir inoubliables :o)

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