Retour sur le marathon d’Ottawa

Dimanche dernier avait lieu le marathon d’Ottawa. Nous avions fait le choix de monter le vendredi tranquillement afin de pouvoir prendre ça plus relax un peu et éviter le stress d’avant course autant que possible.

On arrive en fin d’après-midi, on passe chercher notre chambre d’hôtel et puis direction restaurant pour un bon souper rempli de glucide!

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Vue de la chambre d’hôtel le vendredi soir.

Le samedi matin on se lève tôt, Alex et moi on sort courir quelques kilomètres pour se délier les jambes. Hélène sort courir de son côté alors que Marie-Ève reste à la chambre. Après tout elle participe au 10 kilomètres en soirée!

Par la suite on va déjeuner et on marche un peu dans Ottawa, puis je me dirige à la chambre pour relaxer. J’essaie de mettre toute les chances de mon côté pour ce marathon. J’ai donc décidé d’en faire le moins possible la veille. Ça ressemble donc pas mal à une journée remplie d’étirements, d’eau, et de Netflix 😉

En fin d’après-midi, Alex et moi on se dirige vers le restaurant vers 4h30 question de manger le plus tôt possible. Petit souper assez léger de mon côté, question de ne pas avoir de problème de digestion avant le grand jour!

Puis de retour à l’hôtel on regarde le 10 kilomètres en direct sur internet, une course très excitante. Par la suite c’est l’heure du dodo pour moi. 8 heures un samedi soir! Je ne suis pas un couche-tard, mais ça c’est tout de même hors norme 😉

Dimanche matin, le réveil sonne à 4hrs, on se lève Alex et moi et on déjeune. Puis c’est la préparation qui débute. Par la suite on relax en attendant 6hrs, l’heure où l’on va se diriger vers les enclos de départ.

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Tout est prêt pour la course!

La dame au comptoir nous avait avertis de prévoir un peu de temps le matin de la course car il était possible que les ascenseurs soient très occupés, jusqu’à quinze minutes qu’elle nous avait dites! Nous avions donc prévu le tout dans notre cédule. On sort de la chambre et Alex appuie sur le bouton de l’ascenseur et bing. La porte ouvre et en moins de 10 secondes on est rendu en bas. Bon voilà qu’on a un bon 10 minute de trop dans la cédule.

On fait le trajet entre l’hôtel et les coraux de départ à la course. Pas un très long trajet j’avoue, mais le but était juste de se délier les jambes un peu. Rendu sur place on rencontre plein de monde qui font la course alors on jase un peu. Bon il nous un bon 10-15 minutes avant de s’avancer dans le corail de départ, tout ça à cause que l’ascenseur a été trop rapide :p On s’assoies et on relax un peu en jasant, on regarde les élites se réchauffer, on est vraiment proche de leur tente j’imagine car il y en a beaucoup.

On s’avance finalement dans notre enclos de départ, on est dans le bleu soit le premier juste derrière un paquet de grand sec avec leurs noms sur leurs dossards 😉 Quelques minutes avant le départ, quelqu’un chante l’hymne national, un autre donne les derniers conseils et puis on s’avance.

BANG!

C’est parti, on décolle pour ce que j’espère être 3h09 et quelques minutes de souffrance heureuse. Alex est blessé depuis un bout de temps, et il sait très bien que c’est impossible pour lui de courir le marathon au complet. Il a donc décidé de faire les premiers 19-20 kilomètres avec moi pour me donner un coup de main. Merci mon chum, tellement plaisant de courir en ta compagnie.

Après environ 500 mètres on passe devant notre hôtel, les filles sont sorties pour nous encourager! Merci les filles 🙂

Le lapin de 3h10 est juste devant nous, et il semble avoir le goût de courir trop vite. Ou serait-ce moi qui déjà en arrache? À l’entrainement lors de toute mes sorties ou j’avais de la vitesse marathon à faire je me forçais pour ne pas aller trop vite, et là je force pour rester avec le lapin qui court sur l’allure de 3h10. Mais qu’est-ce qui se passe? Je ne ressens aucunement ma périostite. Je ne devrais pas être fatigué, je suis en affûtage depuis presque deux semaines, je n’en parle pas vraiment avec Alex mais je m’inquiète à savoir si j’ai les jambes pour faire mon objectif. Nous ne sommes pas encore arrivé au 5ième kilomètre …

Puis tout à coup Alex se prend pour un explorateur et il saute dans une caverne, ouin disons plutôt un nid de poule. J’ai sérieusement eu peur qu’il se soit viré une cheville. Il me dit qu’il a presque perdu sa chaussure, ça aurait été moins drôle.

On passe le tapis du 5 kilomètres, ma montre m’indique 22:28, on est parfaitement sur l’allure de 3h10. Je me dis que je vais éventuellement m’échauffer, trouver mon deuxième souffle, ou je ne sais quoi. Mais j’ai confiance que ça va devenir facile.

Les kilomètres défile, et assez rapidement on arrive au tapis du 10 kilomètres, 44:40, encore une fois on est sur l’allure parfaite. 20 secondes trop rapide si on veut être difficile mais reste que c’est bon. Par contre je n’ai pas encore réussis à trouver les bons feelings et ça commence à m’inquiéter un peu.

J’en glisse un mot à Alex, je lui dis que je n’arrive pas à trouver mon tempo, à juste courir sans devoir me soucier de rien. Depuis le début je dois me forcer pour garder une allure qui devrait être facile pour à tout le moins les premiers 21 kilomètres.

Je me remémore les quatre derniers mois d’entrainement dans ma tête, toute ces sorties ou c’était presque trop facile. La fois ou Alex et moi sommes sortie à une allure plus vite que mon allure de demi marathon, alors que le plan disait marathon. Ou encore cette longue sortie de 35 kilomètre ou on a arrêté parce que nous étions rendus à 35  kilomètres. Je me souviens du demi marathon de Lévis ou on a courus à une allure de 4:25/km et c’était facile, et ce malgré une longue sortie de 30 kilomètre la veille.

Je sais que j’ai fait mes devoirs, et je sais que mon entrainement est bon. Je sais que je suis prêt pour réussir ce temps auquel je pense depuis si longtemps. Il n’y a aucune raison valable qui m’indique le contraire. Malgré tout c’est difficile, et je ne comprends pas pourquoi!

On arrive au tapis du 15 kilomètres, 1:07:19, pour une allure de 4:29. On ne peut demander mieux! Depuis le début je bois de l’eau à chaque point d’eau, et j’ai déjà deux Fruit2 derrière la cravate.

Rendu autour du 18ième kilomètre j’entends quelqu’un qui m’encourage, j’ai bien sûr reconnu la voix d’Evelyne! Merci pour les encouragements Evelyne!

Je sais qu’Alex va devoir s’arrêter bientôt. Bien honnêtement je n’ai pas le goût, mais c’est mieux pour lui avant de se blesser. Je le remercie de m’avoir accompagné sur les premiers 19 kilomètres et je continue à pousser.

Rendu à environ 20.5 kilomètres je vois les filles à nouveau. Je dis à Marie-Ève qu’Alex a arrêté autour du kilomètre 19 et je continue. J’approche du tapis du demi, 1:34:50, soit 10 second en bas d’une allure de 4:30. La vitesse est parfaite, mais pas moi, je force pour garder cette allure depuis le début, et je sais très bien que la deuxième partie de la course va être pas mal plus difficile.

La chaleur va continuer d’augmenter, et à chaque kilomètre parcouru j’aurais les jambes moins fraîches. Au départ ce matin j’avais pris la décision de partir pour un sub 3h10 tout en sachant que la température était loin d’être idéale pour réaliser ma meilleure performance à vie. Mais rendu ici, je sais très bien que ce ne sera pas possible.

À ce moment-là je me dis que si je ralentis à 4:40/45 du kilomètre je pourrais peut-être réussir à sauver les meubles et terminer avec un temps autour de 3h15. Je fais des calculs dans ma tête, j’imagine qu’ils étaient tous faux car ça devient difficile de calculer après presque deux heures de course. J’arrive au tapis du 25ième kilomètre en même temps, 1:53:48, mon allure au kilomètre s’est détériorée comme je le pensais. Je suis rendu avec une allure de 4:33/km depuis le début, j’ai donc perdu environ 75 secondes. Ça peut paraître peu, mais rendu là c’est énorme.

C’est à ce moment que tout a cassé, je n’arrivais plus à pousser, je me suis convaincu que 3h10 n’arriverait pas et là j’ai abandonné dans ma tête. J’ai même pensé à juste arrêter de courir, après tout ça ne servait plus à rien que je me disais!

Par la suite j’ai revu les filles, autour du 26ième kilomètre, je les ai saluées et Hélène m’a dit qu’on se reverrait à l’arrivée. J’ai alors traversé le pont en direction d’Ottawa.

Après un peu de temps à m’obstiner avec ma tête, tout en courant, je me suis dit que c’était une longue sortie de course en préparation pour les plus gros défis qui m’attendent tout au long de la saison! Je me suis donc mis à courir à la vitesse à laquelle j’avais le goût, et par bout ce n’était pas super rapide.

Rendu autour du 34/35ième kilomètre j’ai passé Éric, il avait des problèmes de crampe, du moins j’en ai déduit que en le voyant s’étirer sur le côté de la route.

À un moment donné j’ai arrêté de courir en face d’un couple de personne âgée, la madame m’a offert un Gatorade à la lime. Comme un débutant j’ai calé toute la bouteille, ça m’a vraiment rafraîchit mais pas très longtemps après je l’ai regretté. Je pensais devoir arrêter et être malade. Trop froid, trop vite, trop grosse quantité.

Les kilomètres descendaient lentement mais surement. Éventuellement rendu autour du 39ième ma blonde Hélène et Marie-Ève était sur le côté. Je ne les ai même pas vu avant que Marie-Ève saute presque dans la rue pour me crier après 😉

Je continue, il ne me reste que trois kilomètres, puis ça sera la fin … enfin! Et tout à coup Alex est là, il m’attend au 40ième kilomètre depuis au moins 1hrs, peut-être 1h30. C’est fort l’amitié, merci mon chum, c’était super de te revoir rendu-la. Il se met à courir à mes côtés et on passe devant une petite fille qui donne des Mr Freeze aux coureurs. Alors on s’est pris chacun un Mr Freeze et on a marché tranquillement en le mangeant et en jasant.

À ce moment-là je lui ai dit « Je ne sais pas pourquoi Alex » Je n’avais pas besoin d’en rajouter. Il était aussi convaincu que moi que j’allais réaliser mon objectif, et à ce moment-là bien précis ni lui ni moi n’avions de réponse. On a terminé notre petite collation et on s’est mis à courir. Un dernier kilomètre et on était enfin rendu à l’arrivée!

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Une belle médaille, mais elle me laisse un goût amer!

Merci à tout le monde qui a pris le temps de me suivre en ligne, merci à tous ceux avec qui j’ai eu la chance de partager des kilomètres à l’entrainement. Merci à Marie-Ève pour les encouragements tout au long de la journée. Merci à ma blonde Hélène qui a accepté de venir passer sa journée de fête le long d’un autre parcours de course. Bonne fête encore chérie xxx 🙂

Un merci tout spécial à mon chum Alex qui est venu courir avec moi. C’était réellement apprécié buddy! 🙂

Je termine avec un temps de 3:30:52, en 95 position dans mon groupe d’age sur 437 et en 779ième sur un total de 4364.

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4 thoughts on “Retour sur le marathon d’Ottawa

  1. C’est super Robert. Moi je pense que tu réfléchissais trop et que tu oubliais le plaisir de courir. C’est mon diagnostic. En tout cas, moi je serais bien contente de réussir ce temps. Encore , félicitations !

    • Merci maman 🙂

      Je vais me rattraper avec le plaisir de courir aussitôt que je vais être en mesure de marcher normalement, promis 😉

  2. Le mystère et l’incompréhension sont difficiles à supporter… les ingrédients étaient là, la recette était précise et malgré cela le résultat escompté n’est pas au rendez-vous. C’est ce qui fait la beauté de ce sport (l’incertitude de la finalité) et c’est ce qui nous arrache le coeur lorsqu’on accroche sur une réalisation qui ferait la différence pour nous. Bob, la seule chose que je puisse te dire c’est: « je sais man, ça chie! »
    Allez, on range nos gps et nos slick, on sort nos crampons et on va se perdre dans le bois!!!
    Good job.

    • En effet Fred, ce que je trouve le plus difficile depuis deux jours c’est le fait que je n’arrive pas à dire pour quelle raison ça n’a pas fonctionné. Qu’est-ce que j’ai mal fait. Je sais que le training y étais, et j’avais confiance en moi. J’aurais du le faire, et facilement. Pour être honnête j’avais tellement confiance que si la température avait été parfaite j’aurais parti pour un 3h06. Chacune de mes sorties au cours des derniers mois je les ai faites, et pour la plupart facilement. Toujours au pace demandé par le coach, ou plus rapide. Il n’y a rien qui explique la débandade d’en fin de semaine, et c’est ce que je trouve le plus difficile.

      Cela étant dit, on va aller jouer dans la bouette un peu 😉

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